Pour que la justice triomphe
Chacun de nous réalise tôt ou tard qu’il y a deux mondes qui regardent la même chose mais ne la voient pas avec les mêmes yeux.
Il y a, d’un côté, des gens humbles, ouverts, sensibles à la souffrance et qui, voyant des armées aller massacrer des peuples entiers - en Irak, en Palestine, en Afghanistan, en Somalie, en Libye - se sentent profondément bouleversés et les désapprovent. Il y a, de l’autre, des responsables politiques et médiatiques cyniques, asservis à des puissances belliqueuses - et des simples citoyens malheureusement désinformés, jetés dans la confusion - qui n’entendent pas la voix de la conscience et qui soutiennent des guerres et des politiques iniques ; ou s’en accommodent.
La guerre c’est l’horreur. Il est impératif que les journalistes s’attachent à éclairer des faits que certains gouvernements et politiciens, qui veulent nous y conduire, s’emploient à camoufler.
Il convient de le rappeler : la liberté de la presse n’est pas un droit pour les journalistes à dire n’importe quoi ; c’est un droit des gens à être correctement informés. Le contrepoint à la propagande de guerre est le devoir d’informer au plus près de la vérité. Rien ne doit nous retenir de le faire.
Dire le vrai n’est pas toujours chose facile
S’agissant de la Palestine, par exemple, que nous avons visitée pour la première fois en 2002, vouloir son bien, témoigner honnêtement de la gravité des abus que l’occupant israélien inflige au peuple palestinien, cela n’est pas sans risque. Des gens tout à fait honorables ont été accusés d’ "antisémitisme", de "conspirationnisme", de "négationnisme", pour avoir osé exposer la véritable nature de la politique de l’Etat juif d’Israël. Une politique fondée, depuis sa création en 1948, sur la terreur, la dépossession, l’expulsion des natifs palestiniens. « Crimes de guerre » et « crimes contre l’humanité » qui ne sont jamais qualifiés comme tels par nos autorités quand cela concerne l’Etat d’Israël.
Nous ne sommes pas seuls à le penser.
Dans ses mémoires - publiées par Actes Sud en 2010 - l’écrivain André Brink évoque la pénible impression qu’il a ressentie lors de son voyage en Palestine en 2002 : "Quand j’y repense aujourd’hui, je ne peux écarter de mon esprit le souvenir des terribles vestiges de Dachau et d’Auschwitz : si Israël ne s’est jamais lancé dans un génocide de l’ampleur de l’Holocauste, le nettoyage ethnique que cette nation inflige aux Palestiniens équivaut moralement, à une version lente et en mode mineur des camps de la mort. J’ai du mal à comprendre comment un peuple pour lequel il a été si difficile de se relever des horreurs de l’Holocauste peut ensuite infliger à d’autres ce qu’on lui a fait."
Silvia Cattori est une journaliste indépendante de nationalité suisse de culture et de langue maternelle italienne (née au Tessin) dont la spécialité était l’Asie du Sud-est et l’Océan Indien. Toutefois, depuis 2002, la politique du Moyen-Orient, et ses prolongements, sont au centre de son attention.
Silvia Cattori
Quelques données ponctuelles sur la fréquentation du site silviacattori.net
80’000 visiteurs environ le mois de mai 2011
2500 visiteurs maximum par jour le mois de février 2012
50’000 visiteurs environ le mois de novembre 2012