Dès les premiers jours de la révolution, les puissances coloniales ont mis en place un étau pour étrangler la jeune République et empêcher qu’elle ne progresse dans la sérénité vers un développement stable. Les pays du Golfe, vassaux des États-Unis, qui étaient les alliés du Chah, ont œuvré à affaiblir l’Iran. Ils ont d’abord, avec Washington et l’Occident, encouragé Saddam Hussein à attaquer la République islamique quelques mois seulement après le renversement de la monarchie pro-occidentale. Ils ont plongé les deux pays dans une guerre dévastatrice qui les a saignés et a englouti l’énorme potentiel qu’ils renfermaient.
Au milieu des guerres qui lui étaient imposées, et de pressions couplées de sévères sanctions, l’Iran a réussi malgré tout à préserver son indépendance politique et à développer ses moyens, dans les domaines de l’industrie militaire, de la technologie et du Savoir. Trente-trois ans après, le pays peut se prévaloir d’avoir une élite scientifique hors du commun, qui a réussi des prouesses dans des domaines qui étaient jusque-là réservés aux Occidentaux. L’Iran s’est ainsi fait une place dans le concert des nations capables de maitriser la technologie et de la mettre au service du développement et de la modernité.
Ces succès ont pu se faire sans que l’Iran ne présente la moindre concession aux États-Unis et sans qu’il abandonne le principe fondamental mis en place par l’Imam Khomeiny, qui fait de la Palestine la cause essentielle du pays autour de laquelle sont bâties toutes les stratégies. C’est d’ailleurs pour cette raison, et uniquement pour celle-ci, que la République islamique constitue pour Washington et ses alliés l’ennemi numéro un. Que Téhéran renie, demain, son engagement pour la Palestine, elle disparaît immédiatement de la liste des États à abattre.
En dépit de tous les efforts déployés par les États-Unis pour l’isoler, l’Iran a non seulement réussi à mettre sur pied un réseau d’amitiés, mais a aussi pris la tête d’une vaste alliance appelé l’« axe de la Résistance », qui a pour cœur la Syrie et pour principaux acteurs les résistances libanaise et palestinienne.
Aujourd’hui, au milieu du nouveau plan américain qui consiste à isoler l’Iran sur la scène arabe et islamique, à travers l’exacerbation des tensions entre sunnites et chiites, Téhéran continue de jouir d’une immense légitimité. L’apparition du leader du Hamas, Ismail Haniyyé, qui a prononcé un discours devant les millions d’Iraniens venus commémorer le 33ème anniversaire de leur révolution, prouve l’échec de toutes ces tentatives.
New Orient News (Liban)
Rédacteur en chef : Pierre Khalaf (*)
Tendances de l’Orient No 70, 14 février 2012.
(*) Chercheur au Centre d’Etudes Stratégiques Arabes et Internationales de Beyrouth.