écrits politiques

Français    English    Italiano    Español    Deutsch    عربي    русский    Português

Crimes israéliens
Des enfants poussés au désespoir

Les Palestiniens qui vivent sous occupation n’ont aucun droit. L’armée israélienne et les colons ont eux le droit de les persécuter et de les massacrer en toute impunité.

2 mai 2003 | - : Israël Palestine

Les Palestiniens captifs de l’occupant en Cisjordanie pataugent dans la crasse et les ordures qui s’amoncellent sur les quelques 700 barrages militaires où ils sont contraints d’attendre que les soldats israéliens se daignent de les laisser passer, qui les humilient et parfois brutalisent.

Voici ce à quoi j’ai assisté et difficile à croire !

A Naplouse, les soldats tirent à balles réelles sur des hommes qui vont à leur travail en contournant les barrages, lancent des grenades assourdissantes ou asphyxiantes sur des étudiants qui vont à l’université ; défoncent les rues, abattent les murs et aplatissent leurs voitures avec les bulldozers Caterpillar, mettent à feu leurs boutiques, empêchent les ambulanciers d’aller secourir les malades et les blessés.

Aujourd’hui j’ai vu les soldats surgir en grande nombre, brutaliser femmes et enfants, jeter des familles entières à la rue sans aucune considération humaine, raser des habitations en disant que des « terroristes » s’y cachent.

La nuit, c’est pareil ; il est impossible de dormir d’une traite. L’armée débarque par bataillons avec 30, 50 véhicules ; des soldats surarmés enfoncent les portes, investissent les foyers, renversent matelas et placards, hurlent... sans égard pour les enfants et les mères qui pleurent en voyant leurs époux et leurs fils se faire menotter, encagouler, embarquer.

Tout porte à croire que l’univers mental de ces soldats israéliens, tuer un Arabe n’est pas un mal. On comprend que depuis qu’il se sont installés sur cette arabe volée aux Palestiniens, les occupants se sont ingéniés à présenter les Palestiniens comme étant le mal. Or, que découvre-t-on quand on vient ici ? Qu’il y a une armée brutale qui mène une guerre permanente contre un peuple emprisonné alors qu’il n’y a pas de combattants qui lui fait face ...

Ce matin, les soldats postés à l’entrée de Balata, riaient d’un air étrange à l’intérieur de leur jeep ; A croire qu’ils n’étaient pas dans un état normal ; qu’ils étaient ivres ou drogués ou fous.

Au barrage de Betiba j’ai vu les soldats frapper des ambulanciers à coup de poings, de crosse et de pieds. A Balata j’ai vu des équipes de secours forcées à reculer, des hommes accroupis, menottés, tête contre le mur.

Ces actes ont pour but de faire monter la haine pour inciter les Palestiniens à se révolter et trouver ensuite prétexte à tirer dans le tas, terroriser. Les attentats « suicides » doivent être situés dans ce contexte : ce sont des gestes de désespoir ultime en réaction à la terreur que font régner les soldats israéliens.

Les jeunes garçons qui sont allés faire le sacrifice de leur vie à Tel Aviv ou à Jérusalem n’en seraient jamais arrivés à ces terribles extrémités s’ils avaient été traités humainement.

Ils n’ont connu que brutalité dès la naissance. Ils ont grandi dans cet enfer. Ils ont vu leurs camarades blessés, des frères se faire tuer, leurs pères déshonorés...

Silvia Cattori