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Une analyse de Gilad Atzmon
Israël ne rêve que d’un prétexte pour déclencher la guerre

Seulement quelques heures après l’attentat contre des touristes israéliens en Bulgarie, le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et son ministre de la Défense Ehud Barak furent prompts à déclarer que l’Iran et le Hezbollah se trouvaient derrière cet attentat.

En fait, il n ’a pas fallu plus de deux heures au premier ministre pour accuser un autre pays d’avoir commis un acte de guerre contre des citoyens israéliens sur le sol d’un pays tiers. Bien évidemment, Netanyahou n’a fourni aucune preuve pour appuyer sa théorie. À vrai dire, même aujourd’hui, trois jours après l’attentat (article ecrit le 21 Juillet 2012), aucune piste claire suggérant un lien avec l’Iran ou le Hezbollah n’est disponible.

Qu’est-ce qui a donc décidé Netanyahou si fermement ? Est-ce parce qu’il a lui-même connaissance que des agents israéliens tuent des scientifiques iraniens depuis des années ? Est-ce que Netanhayou a réagi de la sorte parce que, les assassinats perpétrés par le Mossad à Téhéran bien considérés, il serait possible qu’Israël ne puisse s’en prendre qu’à lui-même en cas de réplique iranienne ? Bibi faisait-il une projection (au sens freudien) ?

Je n’ai bien sûr pas accès aux pensées de Netanyahou ou de Barak, mais Israël est désormais clairement prêt à tout pour pouvoir attaquer les installations nucléaires iraniennes, même si de telles attaques devaient dégénérer en conflit nucléaire mondial. Afin de bien comprendre ce qu’il y a là de malsain, il faut garder à l’esprit que la notion de suicide collectif est inhérente à la culture israélienne. Il se trouve que les histoires de Massada et Samson, récits de suicides héroïques toutes les deux, sont chères aux israéliens. Cependant, l’enthousiasme de Netanyahou et de Barak à vouloir déclencher une guerre mondiale mis à part, il n’est pas évident du tout de savoir si les masses israéliennes sont si prêtes que cela à se sacrifier sur l’autel juif national.

Il m’est d’avis que l’empressement de Barak et Netanhayou à désigner l’Iran comme coupable est une preuve de leur irrépressible désir d’attaquer ce pays. À ce jour, les deux dirigeants israéliens ont réussi à se débarrasser de tout opposant d’importance à une telle attaque.

L’ex-directeur du Mossad, Meir Dogan, et le chef d ’état major de Tsahal, Gabi Ashkenazi, tous deux opposés à une action militaire contre l’Iran, sont désormais exclus de tous les processus de décision.

Ancien chef d ’état-major des forces israéliennes, Shaul Mofaz, chef du parti Kadima, qui s’est lui aussi opposé à une attaque contre l’Iran, a quitté la coalition de Netanhayou la semaine dernière. Il semble qu’il n’y ait personne au sein du gouvernement israélien qui puisse mettre un frein aux passions génocidaires de Barak et Netanyahou.

En outre, d’un point de vue militaire israélien, le chaos qui règne actuellement en Syrie est considéré comme une “fenêtre d’opportunité”. Les généraux israéliens supposent que le régime d’Assad, qui lutte pour sa survie, s’abstiendrait d’intervenir en cas d’attaque contre l’Iran. De plus, les israéliens croient que sans le soutien de la Syrie, le Hezbollah se tiendrait lui aussi à l’écart. Pour Israël, cela signifie que le nord du pays est à l’abri des missiles moyenne et courte portée du Hezbollah, du moins pour le moment.

Les israéliens, comme d’habitude, se bercent d’illusions. Pour une raison particulière, ils n’arrivent pas à envisager les conséquences dévastatrices d’un tel conflit. Barak, par exemple, a annoncé de façon “optimiste” la semaine dernière, qu’un affrontement avec l’Iran pourrait “coûter la vie à près de 500 israéliens”. Tout d’abord, il est intéressant d’apprendre avec quelle aisance un ministre de la Défense israélien est heureux de sacrifier 500 des siens.

Ensuite, il n’est pas facile du tout de savoir sur quoi se base l’estimation de Barak. En considérant le scénario communément admis d’une réplique iranienne immédiate de plus de 1 500 missiles en direction de Tel Aviv, Barak doit se figurer que chacun des missiles iraniens n’est capable que de détruire le tiers d’un israélien. Barak est en effet un optimiste.

Il est aussi difficile de savoir si Israël possède ou non la capacité militaire de frapper l’Iran et de mettre en péril son projet nucléaire. Plus tôt dans l’année, des analystes américains ont suggéré que l’armée de l’air israélienne ne possédait pas la puissance de feu nécessaire pour attaquer l’Iran.

Par exemple, il lui manque la capacité aéroportée le ravitaillement en carburant qui serait nécessaire à un démantèlement du projet nucléaire iranien. Il est aussi difficile de savoir si Israël attaquerait ou non l’Iran sans un feu vert américain et le caractère improbable d ’un tel accord délivré par Obama avant l’élection présidentielle américaine est largement admis.

Je crois que ce que tout cela signifie est très simple : la question de savoir si Israël va attaquer ou non l’Iran est évidemment toujours ouverte. Néanmoins, nous possédons des indices clairs que les dirigeants israéliens sont plus qu’impatients de le faire. Barak et Netanyahou courent après un prétexte pour déclencher un conflit mondial.

Il est totalement évident que l’État juif et ses lobbies pro-guerre sont la menace ultime à la paix mondiale. Nous devons nous occuper de cette menace immédiatement.

Gilad Atzmon - 21/07/2012
Source et traduction : E&R