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Torture
Les tortionnaires de Bachir Uways sont toujours en poste

La dernière fois que j’ai remonté la petite rue qui coupe le camp de Balata en deux, vers le midi, tous les marchands avaient fermé boutique pour assister à l’enterrement de Bachir Uways. Son portrait venait d’être placardé à côté d’innombrables martyrs, comme lui, cruellement emportés avant l’heure.

14 décembre 2003 | - : Israël Palestine


(Alaa Badarneh)

Bachir, était un homme plein de vie et de santé. Il n’aurait jamais dû être arrêté. Il n’aurait jamais dû être torturé. Dans un Etat de droit, dans un Etat véritablement démocratique, Bachir serait encore vie, au milieu des siens.

Bachir est mort sous les coups et les blessures des agents israéliens qui l’interrogeaient. Nul n’ose imaginer les souffrances que Bachir a dû endurer durant tout ce long mois de captivité.

Les hommes du camp ont accompagné la dépouille de Bachir enveloppée dans le drapeau palestinien, depuis la Mosquée jusqu’au cimetière tout proche.

Nous autres étions sur le toit quand nous avons vu le corps de Bachir, porté par six hommes, s’en aller pour toujours.

Son visage était découvert. Le visage gris noir, bouffi, d’un homme qui avait souffert dans sa chair, qui n’était pas mort paisiblement, qui était mort sous les coups.

Cette foule d’hommes, jeunes pour la plupart, qui l’encadraient, faisait peine à voir. Lequel d’entre eux allait être la prochaine cible des soldats israéliens, mourrait sous les balles ou sous la torture ?

Silvia Cattori