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Une analyse de Ghaleb Kandil
Une victoire militaire nette pour la Résistance à Gaza

La guerre israélienne contre Gaza a confirmé une série de données qui renforcent la conviction dans les pays arabes que le choix de la résistance est le seul susceptible de fournir le potentiel nécessaire pour faire face à Israël, lui infliger une défaite et vaincre sa machine de guerre, qui est étroitement liée sur les plans politique, financier et militaire à l’empire américain.

26 novembre 2012

Cette confrontation a en effet prouvé sans l’ombre d’un doute qu’Israël est complètement aligné sur Washington et que tout conflit entre l’État hébreu et les Arabes est en fait une guerre conduite par les États-Unis. Car Israël dépend entièrement, dans son armement, ses munitions, sa technologie, ses finances, sur l’Amérique pour sortir de l’impasse dans laquelle il se fourre. Il dépend des garanties que les États-Unis peuvent lui arracher des États arabes et régionaux alliés de l’Occident. Cela est clairement apparu dans la venue dans la région de la secrétaire d’État Hillary Clinton, exactement comme l’avait fait Condoleezza Rice lors des guerre du Liban, en 2006.

Cette fois aussi la cheffe de la diplomatie américaine s’est employée à négocier la participation de l’Égypte, de la Turquie et du Qatar au blocus contre Gaza et aux efforts visant à neutraliser le Hamas à travers des incitations financières et politiques, offertes par le front pro-occidental.

Il fallait tout d’abord éloigner le Hamas du front de la Résistance en jouant sur ses affinités pro-frères musulmans. La Résistance a enregistré une victoire militaire nette qui est allée au-delà du fait d’empêcher Israël d’atteindre ses objectifs. Dès les premières heures qui ont suivi l’assassinat du chef militaire du Hamas Ahmad Jaabari, l’État hébreu avait annoncé ses objectifs : détruire les stocks de missiles, anéantir la chaine de commandement de la Résistance et récupérer la dissuasion.

L’analyse des résultats de la guerre montre clairement que le corps combattants et les cadres supérieurs de la Résistance palestinienne n’ont pas été sérieusement affectés par les attaques israéliennes. De plus, les stocks de missiles restent très importants et jusqu’à la dernière minute, les roquettes ont continué à s’abattre sur Israël. La Résistance a fait preuve d’une grande maîtrise de la chaîne de commandement et d’un fort soutien populaire.

À l’annonce de la trêve, Israël n’avait atteint aucun de ses objectifs, il a vu sa force de dissuasion reculer et sa théorie sur la possibilité de gagner des guerres avec l’aviation, définitivement enterrée.

Au contraire, c’est la Résistance qui a renforcé sa dissuasion, avec les tirs de missiles qui ont atteint des villes éloignées des lignes de front habituelles. Certains missiles sont tombés à 80 kilomètres de la bande de Gaza, alors qu’Israël avait bâti toute sa stratégie sur le fait que les roquettes de la Résistance ont une portée maximale de 40 kilomètres.

Ce facteur inattendu dans la confrontation a montré un nouvel échec israélien au niveau de la collecte des renseignements et une grande confusion, qui a frôlé parfois le désordre, dans l’organisation du front intérieur. La Résistance a montré une accumulation de l’expérience et un renforcement des capacités militaires, avec l’apparition sur le champ de bataille de la roquette antichar Kornett. Toutes ces données ont provoqués une forte hésitation chez les Israéliens quant à l’opération terrestre pour laquelle il ont annoncé avoir mobilisé 75000 réservistes.

Les États-Unis ont craint qu’une éventuelle attaque terrestre ne provoque des troubles et des remous dans les pays instables du printemps arabe, et ne pousse l’Égypte à suspendre unilatéralement l’accord de paix de Camp David. Washington a également mis en garde Israël contre le déclenchement d’une nouvelle Intifada à Jérusalem et en Cisjordanie, ce qui mélangerait les cartes dans toute la région.

C’est donc une victoire militaire incontestable pour la Résistance, mais celle-ci a fait preuve de carences au niveau de la gestion politique de la bataille, car les conditions qu’elle a posées pour la trêve étaient en deçà des réalisations sur le terrain. La question qui se pose est celle de savoir s’il était vraiment impossible d’obtenir la levée du blocus, pour que la Résistance se contente de réclamer l’ouverture des points de passage ?

Ghaleb Kandil
New Orient News (Liban)
Rédacteur en chef : Pierre Khalaf
Tendances de l’Orient No 110, 26 novembre 2012.

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