Le milliardaire Bernard-Henry Lévy a donné une interview au journaliste Frédéric Gercshel du Parisien (4 août 2013).
Le site internet "Le Cercle des Volontaires" en a publié quelques extraits.
[Bernard-Henry Lévy (BHL) répond aux questions de Frédéric Gercshel du quotidien Le Parisien]
La Libye où les choses ne se passent pas très bien, c’est le moins que l’on puisse dire…
Elles ne se passent pas, non plus, si mal que nous le serinent les médias à longueur de journée. C’est le seul pays arabe qui a élu un musulman éclairé, démocrate et qui casse, dans les faits et dans les mots, la rhétorique anti-occidentale qui est le carburant de l’islamofascisme.
Donc, rien à regretter dans cette guerre ?
Rien, bien entendu ! D’abord parce que les Libyens vivent infiniment mieux sous Zeidan que sous Kadhafi. Mais aussi parce que cette guerre a mis en œuvre un principe dont ma génération a rêvé : l’ingérence démocratique.
Etes-vous toujours en contact avec Nicolas Sarkozy ?
Bien sûr. Je lui suis reconnaissant d’avoir fait et accompli cela. Sarajevo vient tout juste, il y a quelques heures, de m’élire citoyen d’honneur : comment pourrais-je ne pas comparer la monstrueuse inaction de la communauté internationale, à l’époque, en Bosnie, et le sauvetage de Benghazi, vingt ans plus tard, par une coalition militaire glorieusement menée par la France ?
Croyez-vous à son retour ?
Oui. Car, à droite, Sarkozy est le meilleur. Après, le problème, c’est : le désire-t-il lui-même ? Et d’une manière plus générale : la politique est-elle aussi désirable qu’elle l’a été ? L’un des signes du changement d’époque n’est-il pas la moindre désirabilité, tout à coup, des grands destins politiques ?
Que se passera-t-il si l’Iran poursuit son programme nucléaire ?
J’ai le sentiment, hélas, que la continuité, dans ce domaine, l’emportera sur les velléités de rupture. Regardez la déclaration, vendredi, du nouveau président dont on nous dit qu’il est modéré, sur Israël, présenté comme une « blessure » dans le corps du monde musulman !
Deux ans et demi après le début de la guerre en Syrie, Bachar al-Assad, lui, est toujours au pouvoir. Et les jihadistes de plus en plus influents côté rébellion. Qui faut-il soutenir désormais ?
La troisième force. C’est-à -dire les démocrates qui se battent à la fois, justement, contre l’assassin Assad et contre les assassins jihadistes. C’est de plus en plus compliqué, j’en conviens. Ç’aurait été mille fois plus jouable si nous étions intervenus dès le début, ou même il y a un an, avant que les choses ne se radicalisent. Mais c’est ainsi. L’histoire ne se fait pas avec des regrets.
Comment jugez-vous l’action du gouvernement français sur la scène internationale ?
Bien. Avec, en tout cas, une action incontestable : le Mali. La guerre française était juste. Elle fut impeccablement menée. Avec ce beau résultat, très émouvant, que sont les élections qui se déroulent, en ce moment même, dans tout le Mali.
Fin
Au sujet des guerres d’ « intervention démocratique » promues par BHL et de leurs conséquences tragiques, voir :